Musique

Chronique d’albUm : U.F.OF. et Two hands par Big Thief

La musique est un art, et comme tout art, il repose sur le principe qu’il n’y a aucunes règles. Qui dit en effet qu’il est interdit de sortir deux albums la même année. Certes la pratique n’est pas courante (contrairement aux années 60 par exemple où c’était une habitude) mais il n’en demeure pas moins qu’elle est possible comme nous l’ont démontré Foals pas plus tard que cette année.

Un autre combo a choisi en cette année 2019 de nous proposer deux opus, qui plus est avec deux ambiances bien distinctes. La bande à Adrianne Lenker n’en finit plus de grandir et de monter dans la hiérarchie de la musique indie rock américaine, si culturellement dense. En effet après deux très bons albums, Masterpiece en 2016 et Capacity en 2017, les Big Thief signent sur l’excellent label 4AD, signe de la grande qualité de leur musique.
Pour les fans la signature sur un label plus prestigieux est toujours un peu redoutée, le risque de perdre sa personnalité, son autonomie étant important.
Mais dès les premières sonorités de ce U.F.O.F. (Unidentified Flying Objects & Friend) nous sommes rassurés. Portées par la sublime voix d’Adrianne, les compositions indie folk nous touchent en plein cœur. C’est un disque aérien, presque onirique, aux sonorités surprenantes par moment, et qui nous prend au dépourvu quand la voix de la jeune chanteuse se fait plus grave sur le titre "Betsy".
Mais le contraste est plus saisissant avec le deuxième album de 2019 Two hands, plus rock ("Shoulders" et "Not"), plus brut, plus "live" que son grand frère. Il y a du Eddie Vedder chez Adrianne Lenker comme sur "Forgotten eyes", gageons qu’elle suive les traces de son illustre ainé. C’est en tout cas tout le mal que l’on souhaite au petit groupe de Brooklyn.

Big Thief