Musique

Chronique d’albUm : Intellectual property par Day One

Petite exception pour cette chronique puisqu’il ne s’agit pas d’une nouveauté mais d’un album sorti en 2015... mais seulement en version digitale. Voilà pourquoi j’étais sans doute passé au travers alors que je suis un fan de la première heure de Day One.

Je me souviens de ce soir où après une sortie entre amis, je rentre chez moi et me pose devant la TV, regardant une chaine diffusant des clips ou des lives de groupes, tard le soir et là, je tombe sur un live des Vieilles Charrues de 2001 et ce groupe inconnu pour moi qui mélange trip-hop, hip-hop, acid-jazz, une voix atypique, des samples de violons, un vrai groupe de live avec basse et batterie pour une performance qui résonnera comme une grosse claque pour moi. Ce morceau ("I’m doing fine") restera gravé dans ma mémoire et deviendra une quête pour retrouver ce groupe dans les bacs à disques de la ville, ce qui finira par arriver quelques années plus tard chez un disquaire bien connu de la ville de Brest dont l’emblème est une statuette très connue des bédéphiles.

Ordinary man, premier opus du groupe de Bristol, remarqué par Massive attack sortira en 1999 sur le label Melankolic de...Massive Attack. Une véritable perle musicale, bien trop en avance sur son temps, ce qui expliquera sans nul doute le relativement faible succès du groupe. Album intemporel et magique, il reste une amère expérience pour le duo anglais ne jouissant pas des droits de ce chef-d’œuvre. Qu’importe, ils reviennent avec It’s probably art, tout d’abord en 2005 avec une sortie au Japon, puis en 2007 en Angleterre. Ce deuxième album, pourtant de très bonne facture, passe sous les radars et n’a pas le reconnaissance qu’il mérite.

Puis plus rien jusqu’à ce Intellectual property (titre magnifiquement ironique) sorti en 2015. Bien que l’industrie du disque les boude, Byrne et Hardwidge ne semblent pas en tenir rigueur et nous offrent une nouvelle pépite, une gourmandise musicale hors du temps, splendide. A bien des égards, ce disque me fait penser à Pet Sounds des Beach Boys : on y retrouve une grande richesse dans les arrangements (avec par exemple des cordes signées Miguel Atwood Ferguson, multi-instrumentiste de talent qui a déjà bossé pour Flying Lotus et Lana Del Rey), des trouvailles mélodiques et autres bidouilles sonores comme l’illustre parfaitement "The greatest trick" ou "Bright and breezy". Cet album est surtout d’une grande variation d’émotions entre des titres à l’ambiance sombre et glaçante ("Intellectual property") ou romantique ("Lovers and strangers"), chaleureuse et envoutante ("The world is round"), tendre et apaisante ("Happy man", "Near life experience") ou bien sublimement délicate ("If only’s or maybe’s"). Phelim Byrne est un conteur d’histoires. Son flow, si particulier mais tellement attachant, déclame des tranches de vie, des destins tragiques aussi bien qu’anodins parce que l’"ordinary man" n’est jamais très loin. Sobrement beau.

Il ne reste plus qu’à espérer qu’un jour prochain sera celui de Day One où il éclatera à la face du monde.

Titres :
 The world is round
 Happy man
 Near life experience
 Just believe
 Lovers and strangers
 If only’s or maybe’s
 The armchair
 Bright & breezy
 Twelve years
 Fuel for fire
 The greatest trick
 Intellectual property