Musique

Chronique d’albUm : Gece par Altin Gün

Ils m’entrainent au bout de la nuit*.

Révélations des Transmusicales en 2017, carton à la Route du Rock en 2019 et un deuxième album qui ne fait que confirmer tout le bien que l’on pense d’eux : Altin Gün s’impose à la face du monde avec brio.

Car dès On, premier album du groupe, la formation de Jasper Verhulst (bassiste de Jacco Gardner) a trouvé la formule magique : un rock psyché fortement influencé par la musique anatolienne des années 70.
C’est en tombant par hasard sur des artistes comme Selda Bağcan puis d’autres artistes de "l’âge d’or"** du rock turc comme Barış Manço ou Erkin Koray que Jasper sollicite Ben Rider et Nic Mauskovic (The Mauskovic Dance Band), eux aussi membres de la formation de Jacco Gardner, pour former Altin Gün.

Dans un esprit d’authenticité, les musiciens bataves mettent une annonce afin de recruter des musiciens turcs. La formation enfin complète, le groupe travaille sur des compositions empruntant à la folk et au rock psyché tout en intégrant la richesse des arrangements folkloriques turcs sans néanmoins tomber dans le parodique, loin de là, grâce à l’apport de Merve Dasdemir, chanteuse, Erdinç Ecevit Yıldız, chanteur et joueur de saz (luth à manche long) et du percussionniste Gino Groeneveld (membre du groupe Jungle by Night).

L’alchimie est parfaite et l’on sent que chacun apporte sa pierre à l’édifice, le groupe s’autorisant même une incursion vers le disco avec le titre "Süpürgesi Yoncadan". Car c’est là que réside la grande nouveauté de ce deuxième album : Gece se démarque de On par l’apport de synthés ("Val Dünya", "Anlatmam Derdimi" et "Ervah-ı Ezelde") qui, ajoutés aux envolées de guitares toujours savamment placées et à une basse hypnotique, confère à l’album une dimension nouvelle terriblement efficace dans cette quête du mélange des genres et des cultures.

* Traduction de Gece
** "Altin Gün" en turc