Musique

Chronique d’albUm : Laurent par It It Anita

Pas(-)sage de témoin.

Il est des décennies iconographiques, remarquables par leur(s) esthétique(s) musicale(s). Le grunge et la noise ont ainsi marqué a tout jamais les années 90 et ont bien sûr fait rêver des gamins, qui en grandissant, n’ont jamais oublié l’énergie et la puissance de ce rock qui ne triche pas.
Les belges de It It Anita se pose là, en dignes successeurs de groupes emblématiques tels les Fugazi, Pavement, Sonic Youth et Grandaddy.

D’Anita, on ne sait rien puisqu’il s’agit d’une invention. Par contre Laurent, titre et visage du nouvel album des belges, existe en chair et en os et n’est autre que l’ingénieur du son du groupe (Laurent Eyen). Ce que l’on sait également, c’est que le disque est à l’image de leurs prestations scéniques, une jouissive déflagration !

Dès l’ouverture la couleur est annoncée, "Denial" nous invitant instantanément à sauter (ou pogoter !) avec eux (et nous évoque au passage les belges de dEUS). Et tout s’enchaine avec l’énergie punk de "User guide" et d’"Another Cancelled Mission" et le post-hardcore d’"11". On ne peut dire non ("Say no") au rock "sonique" d’IIAA, d’autant plus quand celui-ci est torturé et lourd comme sur "Tanker 2", pièce de 8 minutes. La deuxième partie allant même jusqu’à emprunter à "la maman et la putain" de Diabologum, cette dichotomie entre un texte intense et dur (signé Myriam Leroy) et une musique post-rock planante. La parenthèse brute et concise de "God" laisse place de nouveau à des compositions plus complexes, toutes en montées en puissance ("Bored/Outboard" et "We are nothing") pour un final en apothéose.