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La fête du sol à la Ferme à Raymonde !

Sols fertiles et alimentation en ville

Lui aussi mérite sa fête : le sol était célébré samedi 16 octobre 2021 à la Ferme à Raymonde à Guipavas. Morgane pour Radio U et Véronique pour Radio Évasion étaient sur place pour une émission en public de 11h15 à 12h45. Cette émission a été réalisée dans le cadre du projet « L’alimentation autrement » en collaboration avec la CORLAB.

Plateau fête du sol
1h38min

« Un sol en bonne santé, c’est un sol capable de recevoir et de donner. » Charly Rio

En tête d’affiche de la fête du même nom, le sol était au cœur des échanges, et pour cause : sa fertilité est liée à divers enjeux, notamment alimentaires et sociaux. Comment bien manger en ville et répondre à cette demande sociétale grandissante ?

Le « bien manger » pour tous

Une chose est sûre : y’a pas que les écolos qui veulent du bon dans leurs assiettes. Pour subvenir à ce besoin des habitants, plusieurs dispositifs sont mis en place dans la ville. Notamment du côté du quartier Kérédern, où le projet Le cabas des champs est né courant 2012 : Frédéric Pelé, animateur au centre social et culturel Les Amarres à Kérédern, explique que ce projet est un groupement d’achats alimentaires solidaire et participatif et permet donc aux habitants de quartiers de consommer local à petits prix.
Sur la place Saint-Corentin à Quimper, la maison de l’alimentation itinérante s’est installée dans un petit cabanon en bois. Charlotte Frigout, la responsable, voit défiler une soixantaine de personnes par jour, friandes de conseils. Toujours dans une démarche d’amener les populations urbaines à bien manger, la maison de l’alimentation itinérante sensibilise et forme à l’alimentation depuis 2005 et propose des actions sur tout le territoire.
Mais le dispositif phare du « bien manger », c’est le projet alimentaire de territoire, dit PAT, que nous présente Nathalie Chaline, vice-présidente de Brest métropole et vice-présidente de l’économie des transitions et du PAT. Mis en place en janvier 2019 à Brest, le dispositif était jusqu’ici au stade 1 : l’étude du territoire du pays de Brest et le rassemblement d’acteurs et actrices du territoire pour trouver des stratégies politiques concernant l’alimentation durable. Le PAT vient de passer au stade 2 : le passage à l’action, avec par exemple l’éducation à la santé, les épiceries sociales, des chèques alimentaires pour les populations modestes… Justement, un projet de ferme urbaine soutenu par le PAT, dans le même esprit que la Ferme à Raymonde, est en cours à Quéliverzan : selon Michel Campion de Vert Le Jardin, cela permettra d’être encore plus près des habitants.
Tout semble donc propice à la bonne alimentation des populations urbaines.

Concrètement, ce serait quoi « bien manger » en ville ? Marie-France Tigreat est bénévole de l’association Vert Le Jardin. Elle s’intéresse depuis longtemps à ces questions et s’est inscrite à l’université citoyenne de prévention santé à la fac de médecine de Brest. Dans le cadre de son mémoire « Comment on s’alimente dans le quartier de l’Europe ?  », elle a enquêté sur les 3 injonctions des autorités sanitaires : manger 5 fruits et légumes par jour (eh non, ce n’est pas seulement une pub enfantine !), cuisiner à la maison, et manger des produits locaux. Par définition, les produits locaux ne sont pas loin de nous, qu’en est-il alors de la population urbaine ?

Une culture des sols complexe en ville

Mais est-il seulement possible de cultiver en ville ? Ce qu’on sait, c’est qu’il y a de la vie dans les sols brestois, puisqu’en 2014, l’observatoire participatif des vers de terre en Bretagne de l’université de Rennes a mené des études : les sols de Brest regorgent de vers de terre, ce qui penche en faveur de la fertilité du sol. Mais, envisager la culture des sols en ville reste complexe : Caroline Lohou, de la direction des espaces verts de Brest métropole, explique que les sols en ville sont en majorité des remblais. Ces derniers peuvent être pollués par la vie humaine qui s’active tout autour d’eux, et bien sûr, par la dense circulation brestoise. Caroline Lohou constate « Vaut mieux avoir la sagesse de s’éloigner des chaussées les plus circulées ». Pour Charly Rio, de la maison de l’agriculture bio, il ne peut pas y avoir d’agriculteurs urbains, faute de terres et de taux d’humus, indispensable à la fonctionnalité des sols.
Rien de tel pour l’agriculture (et les vers de terre) que nos belles campagnes !

Intervenants :

  • Michel Campion et Céline le Bihan de l’association Vert Le Jardin : https://www.vertlejardin.fr/
  • Marie-France Tigreat, bénévole de Vert Le Jardin, à l’université citoyenne de prévention santé à la fac de médecine, formée par l’UBO à l’éducation sanitaire du citoyen, auteure du mémoire « Comment on s’alimente dans le quartier de l’Europe ? »
  • Nathalie Chaline, vice-présidente de Brest Métropole, vice-présidente de l’économie des transitions et du projet alimentaire de territoire et de l’alimentation durable
  • Frédéric Pelé, animateur au centre social Les Amarres à Kérédern : projets Le Cabas des champs et Vrac 29
  • Etienne Salaün, agriculteur à l’exploitation laitière à Pen Bran (Saint-Urbain)
  • Jennifer Scimia, animatrice et coordinatrice de l’observatoire participatif des vers de terre en Bretagne
  • Charly Rio chargé de mission jardinage/espaces verts sans pesticide à la maison de l’agriculture bio
  • Caroline Lohou, direction des espaces verts de la ville de Brest métropole pour la gestion des jardins et jardiniers et la gestion écologique